La Mode en Flacon

Quelles soient de luxe ou plutôt mainstream, les fragrances d’une maison ou d’une marque de mode viennent souligner une ligne de vêtement à l’identité bien définie, parfaire un look ou affirmer une personnalité. Souvent plus accessible que n’importe quelle pièce, le parfum est alors une porte d’entrée vers l’univers de certaines marques. Concevoir une fragrance pour un créateur ou une enseigne de mode est un exercice de style auquel se livrent régulièrement les parfumeurs Symrise.

 

MODE ET PARFUM, UN MARCHÉ TOUJOURS PORTEUR
Selon Elisabetta Formenti, Directrice Fine Fragrance Italie, « le parfum est avant tout un produit aspirationel dont les stylistes se sont avant tout emparés afin de gagner en notoriété, de rendre leur marque plus accessible et ainsi augmenter leur chiffre d’affaires à tel point que le business du parfum était finalement plus important que celui de la mode en elle-même ». Encore aujourd’hui, les chiffres montrent toujours un engouement des consommateurs envers ces marques, même si la parfumerie confidentielle tend à prendre une place de plus en plus importante sur le marché. En France comme en Italie, reconnus pour leur riche patrimoine de marques couture et de prêt à porter, sur les 30 meilleures ventes en sélectif, la part de lancements de parfums liés à cet univers représentaient respectivement 83 % en 2019 pour la France et 83 % en 2018 pour l’Italie. Une répartition qui reste donc fixe d’année en année, notamment grâce aux flankers sur les pilliers de la parfumerie contemporaine.

 

CRÉER UN PARFUM DE MODE, UN SAVOIR-FAIRE SPÉCIFIQUE
D’un point de vue création pure, travailler sur le parfum d’une marque de mode, que ce soit autour de son créateur, de son ADN, d’une collection de saison ou d’un vêtement en particulier est un exercice de création différent. Pour le parfumeur Marine Ipert : « le visuel, qu’il s’agisse de couleurs et des formes, est une dimension particulière à cet univers qui nous donne des éléments de créations que l’on ne retrouve pas chez des marques liées à un concept purement marketing ». Pour bien comprendre l’univers d’une marque, un important travail de recherche en amont de la création et de l’interprétation olfactive est nécessaire : rencontre avec le créateur, recherches biographiques, (re)découvertes des précédentes collections, toucher des matières, autant d’étapes qui demandent un investissement personnel nécessaire avant de passer au travail de création.

 

Le choix des ingrédients est également un paramètre à ne pas négliger, sans pour autant se baser sur le prix des matières premières. « Créer pour des marques de haute couture permet d’utiliser des qualités de matières différentes de celles pour le prêt à porter. Si pour les premières on mise sur l’élégance des notes aromatiques, épicées ou boisées, pour les secondes on privilégie par exemple les notes fruitées qui font plus jeunes », explique le parfumeur Alienor Massenet. Pour Elisabetta Formenti, « il est aussi important de savoir où placer le curseur de créateur. Si les marques de niche peuvent se risquer à expérimenter des accords qui n’existent pas, les parfums liés à l’univers de la mode vont plutôt mettre l’accent sur l’exécution et la perfection de la note. C’est ce paramètre singulier qui a permis l’émergence des collections privées des grandes maisons. »

 

THE PERFECT SMOKING, Zara par Marine Ipert

 

IKAT ROUGE, Armani / Privé par Annick Ménardo

 

1881 SILVER, Cerruti par Alienor Massenet et Maurice Roucel

 

SIGNORINA IN FIORE, Salvatore Ferragamo par Émilie Coppermann

 

Interpréter des matières, des couleurs ou des textures en odeurs est un jeu de création bien évidemment lié à la sensibilité de chaque parfumeur. Pour Marine Ipert, parfumeur : « J’adorerai travailler sur des marques comme Paco Rabanne par exemple. Je m’amuserai à retranscrire cet univers de pièces très métalliques avec des jeux d’aldéhydes, d’épices comme la baie Saint Thomas et son odeur de sang, de clou de girofle, ou encore des notes ozoniques et d’autres plus minérales inspirées de l’ambre gris ». Les marques à l’univers très marqué permettent une créativité débordante. Composer un parfum et dessiner un vêtement sont des disciplines artistiques ayant des similitudes : beaucoup de travail et d’essais, un choix d’ingrédients aussi important que celui d’une matière, un parfum doux à l’image d’une pièce sobre ou plus extravagant pour un vêtement atypique, l’importance d’une silhouette tout comme celui du sillage.

 

LES PIÈCES DE MODE VUES PAR…
Marine Ipert, Parfumeur chez Symrise
Jean brut : la lavande pour sa couleur, le mimosa pour sa matière et l’immortelle pour la robustesse de sa fibre
Chapeau Fedora en feutre : l’osmanthus pour la chaleur du feutre, le néroli et le miel pour le soleil
Escarpins : le patchouli pour le chic, la tubéreuse pour l’ultra-féminité, la mandarine pour le vernis
Chemise blanche pour homme : l’armoise pour la fraîcheur, la myrrhe pour la sobriété, l’ambroxan pour le blanc

Aliénor Masset, Parfumeur chez Symrise
Manteau en fourrure : la caresse enveloppante d’un oriental chaud avec une pointe de gourmandise
Maillot de bain : le souffle ultra-frais des notes ozoniques qui rappellent l’océan, un soupçon d’immortelle que l’on retrouve sur les sentiers côtiers, et une pointe d’ylang ylang pour le côté évasion
Gant en cuir : l’évocation de l’odeur de la peau avec des notes de daim, d’iris et de musc

Merci à Symrise
www.symrise.com

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