Trois parfums historiques reconstitués par Astier de Villatte

Créé en 1996, Astier de Villatte est une maison aux multiples facettes. Un atelier de céramiques artisanales à Paris, une imprimerie typographique en banlieue parisienne, la dernière de France (et une des dernières au monde) à imprimer les livres au plomb, une maison d’édition et un atelier de création de parfums où sont inventés parfums, eaux de Cologne, soins, encens, gommes et toute une collection de bougies parfumées sur le thème d’un tour du monde olfactif.

Le Dieu bleu, Artaban, Les Nuits,  sont le fruit d’une rencontre entre Ivan Pericoli et Benoît Astier de Villatte, créateurs d’Astier de Villatte, Dominique Ropion, parfumeur et Annick Le Guérer, historienne du parfum, anthropologue et chercheuse. Tous ont pour souhait de redonner leurs lettres de noblesse à trois fragrances mythiques et magnifiques, Le Dieu bleu ou l’égyptien kyphi, Artaban ou le romain «parfum royal», Les Nuits ou le parfum de George Sand,  en reconstituant au plus près les formules de l’époque selon les directives de la parfumerie d’aujourd’hui.

Amateurs de missions impossibles, Ivan Pericoli et Benoît Astier de Villatte ont sans hésiter souscrit à cette aventure sensorielle. Eux-mêmes créateurs de senteurs et de bougies parfumées avec leur complice Emilie Mazeaud, ils décident d’éditer ces trois parfums venus du fond des temps grâce aux recherches d’Annick Le Guérer et au talent de Dominique Ropion. Parfumeur vedette chez IFF, Dominique Ropion ne s’est donné aucune limite dans la reconstitution des trois formules, exercice périlleux par leur richesse et leur complexité. Son étroite collaboration de plus de vingt ans avec Annick Le Guérer a été le point de départ du projet. L’historienne lui a fourni des documents précis pour les deux premiers parfums, jusqu’aux formules et proportions de chaque ingrédient, ainsi qu’un fond de flacon de voyage du parfum de George Sand, confié par l’une de ses descendantes, Christiane Sand. Il a fallu s’adapter et substituer par leurs équivalents tous les ingrédients non conformes ou interdits par les normes de la parfumerie actuelle. Les moyens et innovations de pointe ont rendu possible ce pari à la fois artistique et technique. C’est à l’Atelier du parfumeur que ces trois fragrances ont été produites à partir de matières premières 100 % naturelles, d’essences et concrètes ainsi que de nouveaux arômes. Le meilleur de la parfumerie pour magnifier Le Dieu bleu, Artaban et Les Nuits.

 

Le Dieu Bleu

Venu du fond des âges égyptiens, 4000 av J-C, Le Dieu bleu est un parfum divin et mystérieux comme extrait d’un univers surnaturel. Les senteurs grisantes d’herbes aromatiques, de sucs, de racines, d’écorces étaient destinées à établir une médiation bienfaisante avec les puissances de l’au-delà. Aujourd’hui reconstitués par Dominique Ropion, ses effluves vifs, enivrants, solaires nous emportent sur les traces des temples et des fresques de l’Egypte antique. S’y mêlent le genêt miellé, boisé, intensément chaud, la myrrhe mystique et capiteuse qui s’écoule de l’arbre en petites larmes blanches épicées et sucrées, le rustique lentisque ou baume de Galaad, vert et herbacé, le calamus à l’étonnant parfum d’herbes, d’épices et de bois, qui pousse en touffes denses sur les bords paisibles du Nil.

 

Artaban

Salué par l’historien Pline l’Ancien pour l’incroyable prodigalité de sa formule, pas de moins de 24 arômes et rien que les excellents et les plus riches (serichatum, costus, cassia, styrax …) importés à grands frais des plus lointaines contrées, ce «parfum royal» créé à l’origine pour les rois Parthes, fut l’idole des riches Romains qui  se l’arrachaient et s’en inondaient à tout propos comme le voulait la mode de l’époque. Réinterprété par Dominique Ropion, Artaban est un pur concentré tellurique et sauvage des merveilles de l’univers végétal. On se délecte de ses effluves embaumants: marjolaine âpre et sucrée aux petites feuilles vertes et arrondies exhalant un arôme délicieux, cardamome aux inflexions vertes, épicées, anisées, fraîches, cyste labdanum et ses fleurs blanches incrustées de points rouges surnommées «les larmes du Christ», doux, ambré vanillé, à l’odeur d’encens, la chaleureuse cannelle, l’épice la plus ancienne de l’humanité.

 

Les Nuits

Une chaude nuit d’été de 1838 dans la Maison de Nohant, lieu de célèbres et fastueuses fêtes nocturnes où se presse le Tout-Paris intellectuel et artiste, Alfred de Musset, Franz Liszt, Marie d’Agoult, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix. Noctambules invétérés, Georges Sand et son amant du moment, Frédéric Chopin, flânent longuement dans les jardins embaumants jusqu’au petit matin. L’air est saturé du somptueux parfum au sillage opulent de la romancière dont la formule, extraite du fond d’un petit flacon de voyage confié par Christiane Sand à l’historienne du parfum Annick Le Guérer, est aujourd’hui recréée par Dominique Ropion: une senteur inédite, enivrante de rose Turque, la damascena, la plus noble, odorante et luxueuse de toutes les roses. S’y mêlent comme pour renforcer encore son pouvoir de séduction un patchouli terreux, boisé, hautement sensuel et aussi l’iris aux accents poudrés et raffinés, l’ylang ylang floral et capiteux, le vétiver, une essence cuirée fumée au tempérament de feu.

 

Une première dans le monde parfumé Astier de Villatte et dans le monde des parfums tout court: Les trois senteurs historiques, Le Dieu Bleu, Artaban et Les Nuits, sont vendues dans un précieux coffret or relié par un bandeau littéraire à un livre de mêmes dimensions qui contient le récit de leur incroyable parcours depuis 4000 ans av J.C. Ce livre, imprimé au plomb dans les ateliers typographiques de la maison, est illustré par l’artiste Eva Jospin.

Astier de Villatte – 173 rue Saint Honoré, 75001 Paris
www.astierdevillatte.com

 

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